La contribution de vivons montferrier à l’enquête publique sur le projet Oxylane

Ce lundi 27 octobre, des adhérents de l’association ont rencontré le commissaire enquêteur sur le projet Oxylane à Saint Clément de Rivière et lui ont remis au nom de l’association la lettre ci-dessous.

                                                                                              Montferrier sur Lez, le 27/10/2014

A l’attention de
Monsieur Léon Brunengo
Commissaire enquêteur
Enquête « Oxylane »
Mairie de Saint Clément de Rivière
Avenue de Bouzenac
34980 Saint Clément de Rivière

Monsieur Le Commissaire enquêteur,

Vous trouverez ci-dessous la position de l’association « vivons montferrier » forte d’une centaine d’adhérents et qui compte trois conseillers dans l’actuelle municipalité de la commune de Montferrier sur Lez conduite par son Maire, Monsieur Michel Fraysse.

Ces élus de « vivons montferrier » ont présenté au conseil municipal, le 30 septembre dernier, la motion suivante :

« Au vu du dossier d’enquête publique en l’absence de concertation en amont, considérant :

  • les impacts importants du projet sur le paysage,
  • l’implantation d’une zone commerciale dans un espace agricole en contradiction avec un aménagement cohérent du territoire et la nécessaire préservation des terres agricoles périurbaines,
  • les nuisances engendrées pour les habitants de Montferrier sur Lez ;

les élus du conseil municipal de Montferrier sur Lez émettent un avis défavorable à la demande d’aménagement déposée par Décathlon auprès de la commune de Saint Clément de Rivière.

M. Fraysse a refusé de mettre au vote la motion arguant qu’il ne disposait d’aucune information sur ce projet.

Un groupe de travail a été mis en place. Il s’est documenté sur le projet en consultant à plusieurs reprises les documents fournis dans l’enquête publique. Ce travail a été effectué en collaboration avec l’association « SOS Lez Environnement » qui a construit avec nous le contenu d’une réunion publique rassemblant plus de cent cinquante personnes le 15 octobre dernier.

Un courrier de demande de prolongation de l’enquête publique vous a été transmis, compte tenu de l’ampleur du projet et de ses conséquences.

La position que nous défendons et sur laquelle nous fondons beaucoup d’espoirs est développée ci-dessous :

  • Le projet va détruire de façon irréversible une zone agricole et naturelle dont 90% des surfaces sont exploitées. Outre ses qualités paysagères qui marquent une rupture avec la zone urbaine de Montpellier au sud, cette zone constitue une ceinture verte, réserve de biodiversité et réserve de foncier agricole en continuité avec la zone agricole située sur la commune de Grabels et avec la zone boisée de la Lironde. Les aménagements paysagers prévus se résument à des plantations le long des voies de circulation.
  • Ce projet modifie l’usage de la zone qui passe d’une utilisation agricole à une utilisation commerciale alors qu’une zone commerciale, Trifontaine, existe déjà sur la commune de Saint Clément de Rivière à moins d’un km de cet emplacement. La commune de Saint Clément promeut l’implantation de cette nouvelle zone commerciale aux portes de Montpellier, loin de son centre-ville pour bénéficier de la zone de chalandise de Montpellier et des communes limitrophes tout en limitant fortement les désagréments pour ses citoyens.
  • L’image écologiste du projet (voir p2 du bulletin municipal Le Clémentois de septembre 2014 « le programme Oxylane a été retenu sur des critères liés d’une part, au respect et à la protection de la nature… », « le projet respectera une charte environnementale précise qui prévoit l’implantation et le maintien d’un biotope ») n’est qu’une grossière façade. La vocation commerciale de ce programme ne fait aucun doute.
  • Ce projet ne répond pas à un besoin puisqu’il existe sur le centre commercial Trifontaine, à Clapiers, à Jacou et dans les communes voisines une offre nombreuse de magasins de sport, de magasins de cycles, de clubs de remise en forme, de médecins kinésithérapeutes, ostéopathes…, de jardineries, de terrains de sports, de mur d’escalade, de site d’accrobranches et des milieux naturels qui permettent de pratiquer la randonnée, la course à pied ou le vélo en toute liberté.
  • Décathlon ne présente aucun chiffre économique hormis ceux de la fréquentation attendue (828 000 clients par an en moyenne) et du nombre d’emplois créés. Les 200 à 300 emplois annoncés seront pour la majeure partie des emplois à temps partiel. Ces chiffres nous paraissent surestimés sachant que le Décathlon d’Odysseum n’emploie que 70 ETP (Emploi Temps Plein), par ailleurs, la destruction des emplois sur les enseignes existantes liée à la baisse de fréquentation sera très importante. Le solde net des créations d’emplois sera probablement bien inférieur à celui annoncé.
  • Cet aménagement sera définitif : une fois le site aménagé le caractère commercial de la zone sera établi et un retour à l’état actuel ne sera plus possible. Même si Oxylane ne fonctionnait pas, d’autres enseignes devront prendre le relais pour sauver cet investissement. Un agrandissement de cette zone commerciale est même probable afin de rentabiliser au mieux les aménagements routiers associés à la création du site.
  • De grosses interrogations existent quant à la maîtrise des impacts du projet sur l’écoulement des eaux (eaux usées et eaux pluviales), sur le captage d’eau potable et la faune. L’étude d’impact est très imprécise sur l’évacuation des eaux usées vers la station d’épuration du Rouargues située à plus de 3 km à vol d’oiseau avec le passage d’une colline et la traversée de la commune de Montferrier. Il est sans doute plus probable que les eaux usées soient dirigées vers la station de Trifontaine (en situation administrative illégale depuis plusieurs décennies) et qui n’est pas en état de supporter cette charge supplémentaire, débordant dans la Lironde à chaque épisode pluvieux.
  • 69% de la surface du projet sera imperméabilisée ce qui augmentera le volume et la puissance des eaux de ruissellement. A titre d’exemple, un épisode pluvieux comme celui du 29 septembre dernier (280 mm en moins de 2h à Montferrier) représente sur l’emprise du projet, un volume de 65 800 m3 que les 7 bassins de rétention auraient bien du mal à contenir. Ce volume représenterait un débit supplémentaire sur la Lironde de l’ordre de 10m3/s.
  • Le nord du terrain est situé au sein du périmètre de protection rapprochée des captages de la Buffette, du Château et du Pradas. Les documents d’enquête publique n’expliquent pas comment cette contrainte sera prise en compte.
  • Ce projet induira également un trafic routier en augmentation qui apportera des nuisances sonores et de circulation sur la commune de Montferrier. Comme tout projet commercial (Trifontaine, Fenouillet), les accès d’Oxylane sont traités à minima, mettant en lumière le manque de sérieux de l’opération. Il n’est précisé nulle part que Décathlon prendra en charge tous les aménagements de voirie nécessaires au projet et il serait inadmissible que le Conseil Général 34 soit sollicité, avec l’argent des contribuables, pour pallier les carences du lotisseur.
  • L’absence de schémas de circulations douces (pistes cyclables, trottoirs) dans et aux abords du site comme l’absence de desserte par transports en commun, confirme le caractère commercial et non ludique de ce projet.

Pour toutes ces raisons, nous vous demandons, Monsieur le Commissaire Enquêteur, de ne pas déclarer ce projet commercial d’intérêt public.

Pour l’association vivons montferrier,
Michel Bourelly,
Son Président.

P.J. : Document de trois pages recensant les jardineries, magasins de cycle et de sport à proximité du site prévu pour l’implantation d’oxylane Décathlon